3 100 milliards d’euros. Voilà le chiffre qui s’impose, brut, sans détour, au sommet des finances publiques françaises début 2025. L’INSEE l’affirme : la dette de la France poursuit son ascension, plus rapide que la croissance elle-même depuis 2022. Les promesses de redressement restent lettre morte, tandis que les intérêts à payer dépassent désormais les crédits alloués à la Défense. Les séquelles de la crise énergétique, les traces de la pandémie, la réforme des retraites : autant de facteurs qui pèsent encore lourd sur le déficit. Les plans de relance n’ont pas inversé la tendance, et le cap budgétaire s’éloigne chaque trimestre un peu plus.
Où en est la dette publique de la France en 2025 ?
La France franchit un nouveau seuil dans l’évolution de sa dette publique. D’après l’Insee, la barre des 3 100 milliards d’euros est franchie au premier trimestre 2025, prolongeant la dynamique enclenchée ces dernières années. Le ratio dette/PIB vient de dépasser les 111 %, un niveau inconnu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette situation résulte d’une croissance à la peine et d’un déficit qui s’ancre dans la durée.
La répartition de cette dette n’est pas uniforme. Les administrations publiques, État, collectivités locales, organismes de sécurité sociale, en concentrent la plus grosse part. Selon la Banque de France, l’État à lui seul représente plus de 80 % de l’encours. Les collectivités locales voient leur dette progresser, mais à un rythme plus contenu, tandis que les organismes de sécurité sociale se stabilisent à la suite des épisodes exceptionnels liés à la Covid.
Le poids des intérêts continue de s’alourdir. Plus de 56 milliards d’euros s’évaporent chaque année, grignotant une part croissante du budget. Les comptes publics restent sous tension, le déficit dépassant encore 4,7 % du PIB. Un rythme largement au-dessus des critères européens, qui ne passe pas inaperçu auprès des marchés et sur le radar des agences de notation.
| Période | Dette publique (en Mds €) | Ratio dette/PIB (%) |
|---|---|---|
| 2023 | 2 950 | 110,6 |
| 2024 | 3 050 | 110,9 |
| 2025 (T1) | 3 100 | 111,2 |
Les finances publiques sont donc soumises à une pression croissante. La question du rythme de réduction du déficit, et de la répartition de l’effort entre les différents acteurs publics, reste en suspens.
Les chiffres clés à retenir sur la dette sous Emmanuel Macron
Un cap franchi, des records atteints
Quelques chiffres permettent de mesurer l’ampleur du phénomène sous la présidence Macron :
- La dette publique atteint 3 100 milliards d’euros début 2025, d’après l’Insee. Un record depuis la Libération.
- La dette de Macron a augmenté d’environ 150 milliards d’euros en deux ans, soutenue par un déficit public qui ne se résorbe pas.
- Le ratio dette/PIB s’établit à 111,2 %, dépassant nettement les seuils européens.
État, administrations, sécurité sociale : qui creuse le plus ?
La répartition de la dette entre les différents niveaux de l’administration mérite d’être précisée :
- L’État compte pour plus de 80 % de la dette totale. Les organismes de sécurité sociale, après la flambée liée à la pandémie, stabilisent leur niveau d’endettement.
- Les collectivités locales voient leur dette progresser doucement, mais restent loin derrière en volume.
Un budget sous pression
La structure du budget de l’État évolue sous la contrainte de la dette :
- Les intérêts à payer dépassent désormais 56 milliards d’euros sur l’année, du fait de la hausse des taux et de l’ampleur de l’encours.
- Le projet de loi de finances pour 2026 s’annonce particulièrement serré. Les marges de manœuvre financières se réduisent alors que le déficit reste supérieur à 4,7 % du PIB.
La présidence Macron se caractérise par un changement d’échelle dans la gestion de la dette. La France doit composer avec une croissance timide, des dépenses difficiles à réduire et des recettes fiscales sous surveillance constante.
Quelles conséquences pour les Français et l’économie nationale ?
La dette publique ne se résume plus à un chiffre abstrait. Elle influe désormais sur chaque décision budgétaire. Les intérêts prélevés pour la rembourser, plus de 56 milliards d’euros par an, pèsent sur la capacité de l’État à financer l’éducation, la santé ou la transition environnementale. Les marchés financiers surveillent la trajectoire française de près. Une hausse du spread (le différentiel avec l’Allemagne), et donc des taux d’intérêt, est toujours possible si la confiance se fissure.
Pour les ménages, les tensions budgétaires peuvent avoir des répercussions concrètes. Si l’État doit serrer la vis, cela peut signifier des recrutements de fonctionnaires gelés, des prestations sociales ajustées, ou une fiscalité plus lourde. La Banque de France et le FMI soulignent régulièrement la faiblesse des marges de manœuvre, et l’hypothèse d’un plan de rigueur ressurgit plus ouvertement qu’à tout autre moment depuis dix ans.
L’impact se ressent aussi sur l’épargne : les détenteurs de contrats d’assurance-vie voient les rendements évoluer au gré des taux et du climat de confiance. Une aggravation du déficit, sans mesures claires de redressement, expose la France à un financement plus difficile et plus coûteux. Chaque trimestre, la question du financement du déficit se fait un peu plus pressante.
La dette s’invite ainsi dans le débat public, redéfinissant les priorités et le climat de confiance dans l’avenir du pays.
Dépenses publiques : comment se répartit l’argent de l’État aujourd’hui
Année après année, la dépense publique française s’étend. Près de 58 % du PIB part dans les caisses de l’État et des administrations, selon l’Insee. Ce pourcentage, l’un des plus élevés d’Europe, façonne le paysage économique autant que le quotidien des citoyens.
La ventilation des postes de dépense met en lumière les priorités du modèle français :
- La protection sociale demeure le premier poste : pensions et retraites versées chaque mois par la caisse nationale et les régimes de sécurité sociale représentent près d’un quart de la dépense totale. À cela s’ajoutent les prestations sociales telles que les allocations familiales, les aides au logement ou les minima sociaux.
- Les dépenses de santé occupent la deuxième place : hôpitaux, remboursements de soins, financement des établissements publics constituent un poste en croissance continue, au croisement des besoins et de l’impératif de maîtrise des dépenses.
- L’éducation, la défense, la justice et l’intérieur forment le reste du paysage, avec des budgets débattus chaque année à l’occasion du projet de loi de finances.
Pour assumer ces missions, l’État s’appuie sur un arsenal de recettes publiques : TVA, CSG, impôts sur le revenu et sur les sociétés. Mais lorsque le déficit s’installe et que les intérêts de la dette s’envolent, l’équation budgétaire se complique. Le modèle social français, souvent cité en exemple, doit désormais s’adapter sous la contrainte d’un endettement devenu massif.
La France avance sur la crête, entre ambition sociale et contraintes financières. Reste à savoir jusqu’où la corde pourra être tendue avant de réclamer, à nouveau, un changement de cap.


